La crise
économique et sociale se précise. Elle touche de nombreux secteurs et quelques
exemples spectaculaires rappellent à quel point certains n’ont pas tiré les
leçons d’un système dérégulé.
Les entreprises doivent, au moment où les aides publiques coulent à flots, être
exemplaires et, plus encore, s’émanciper de la voracité de groupes
d’actionnaires aveugles. Elles doivent retrouver l’intérêt de l’économie réelle
et de celles et ceux qui la font tourner : les salarié·e·s.
Les syndicats dans ce moment, là où ils existent,
jouent leur rôle et font fonctionner le dialogue social, avec une obsession
pour l’UNSA : défendre l’emploi et le pouvoir d’achat. Et
si la vitalité du syndicalisme est réelle dans les entreprises, administrations
et services, son modèle est de plus en plus interrogé, en haut comme en bas. En
haut, tant les partenaires sociaux « classiques » peinent à
crédibiliser leur rôle national. Mais surtout en bas, par les travailleurs
eux-mêmes, quand on constate qu’un·e salarié·e sur deux n’est pas dans la zone
d’influence des syndicats et que, davantage encore, ne s’y intéressent pas.
Et ce sont ceux qui ont le plus besoin de
protections qui sont le moins protégés : les millions de salarié.es de TPE
(Très petites entreprises), les précaires, les travailleur·euse·s isolé·e·s et
souvent donc les travailleuses, les intérimaires, les saisonniers, les
précaires, celles et ceux qui alternent contrats courts et périodes de chômage…
À l’UNSA, on ne se résout pas à cette situation. Le
syndicalisme doit se réinventer et retrouver des réflexes de bas :
solidarité et proximité. C’est pourquoi nous déployons, sur tous les
territoires, plus de 1000 « Z’aideurs » qui seront des référents pour
les salarié·e·s des TPE et les travailleur·euse·s isolé·e·s et précaires. Ils
seront équipés pour aider, répondre à des questions très concrètes, apporter
les soutiens attendus et défendre ces femmes et ces hommes. Bref, montrer à
toutes et tous, que le syndicalisme est aussi là pour eux.
À l’UNSA, on ne se paie pas de mots ou de slogans. Très
humblement, on tente de relever le défi de l’avenir du syndicalisme qui doit
faire plus pour ceux qui ont le moins.
Laurent
Escure
29 septembre 2020
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